vendredi 22 juin 2007

Le septième

Le premier… c’était le 16 novembre 1997. J’avais 25 ans et… il était temps, sinon j’allais faire une Tanguye de moi-même. Mon premier appart avec mon premier vrai chum. Pour couper le cordon encore plus symboliquement, ce fut vers Québec que je déménageai… mais pas pour longtemps. Faut croire que le cordon était plus solide que j'pensais.
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Le deuxième, onze mois plus tard, j’avais gagné un gros point : on s’en allait sur la rive sud, à Saint-Nicolas. Pour le Mari, pur enfant du bitume, c’était tout nouveau… et pas forcément tout beau. Le logement le plus plaisant que j’aie jamais eu, une fenêtre en face de l’évier, le soleil toute la journée, de grandes pièces, mais… c’est aussi là que ça a commencé à dégénérer avec le Mari.
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Le troisième, en juillet 2000, on s’est enfoncé encore plus loin dans la banlieue-dortoir, rue de la Montagne. Dont la dite montagne s’était d’ailleurs effondrée sur plusieurs maisons l’année d’avant. Était-ce un signe ? Huit mois plus tard c’est sur notre mariage que la montagne s’écroulait.
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Le quatrième, 31 mars 2001, le Grand Départ vers la Grande Ville, tant redoutée et pourtant tellement rêvée. Tout est allé très (trop) vite, et j’emménageais dans un bachelor à LaSalle. Ce qui m’a permis d’apprendre que plus jamais je n’habiterais un sous-sol. Peuh.
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Puis, le cinquième, six mois plus tard, un logement trouvé par l’Amant, rue voisine de la sienne, à Verdun. Pratique pour lui, et relatif bien-être pour moi. Un beau petit trois et demi voisin de trois églises (si si, trois églises dans un périmètre de moins de 500 mètres carrés), de la bibliothèque municipale et tout près du fleuve. Pendant presque quatre ans je me suis appliquée à être une bonne verdunoise, pour enfin admettre que jamais je ne me ferais à la Grande Ville. Que j’étais une Lévisienne, quoiqu’il advienne.
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Le sixième, fin juin 2005, je quittais Montréal, la larme à l’œil même si vivement soulagée. Tant de choses vécues sur cette île… tant de choses. Tant de gens appréciés… aimés. Tant. Atterrie dans un petit deux et demi trouvé à la va-vite lors d’une visite à Lévis, le mois d’avant. Le plus petit logement que j’ai jamais eu, ce qui m’a permis d’apprendre que plus jamais je n’habiterais un deux et demi. Manque d’air.
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Le septième… dans moins d’une semaine. Sur la rue même des 25 premières années de ma vie, comme si on bouclait la boucle. À très exacte distance entre le logis où j’ai été faite et celui qui m’a vue naître, avec vue sur le clocher (désaffecté) de l’église où j’ai été baptisée. Un tout petit mais si mignon trois et demi, sur deux étages, au milieu de tout, avec une belle galerie (c’est Toto-le-plant-de-tomates qui va être content !). Curieusement, plus de dix ans après avoir quitté mes parents, j’ai la très nette (et plutôt bizarre) sensation d’emménager dans mon premier appartement. Et sans trop savoir d’où ça vient, je sens très clairement que je ne fais pas que déménager, dans quelques jours. Je change de vie, aussi. En quoi et jusqu’où, ça, je ne sais… Mais j’ai hâte ! :o)